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Gregos

Dernier ajout : 12 juillet 2015.

Les nouvelles du Baron, également disponible à cette adresse (ainsi que d’autres textes).
Critiques cinéma détaillées également à cette adresse sur le site Citizen Poulpe.

Articles de cette rubrique

  • Samedi, 10h25 du matin
    C’est en revenant de chez le docteur Hubert Des Termes que tout a recommencé.
    Ce matin, comme à son habitude, le psychiatre se lavait les mains dans le minuscule réduit qui bordait son cabinet, petite pièce sombre où il se livrait au rituel purificateur du robinet d’eau froide pour faire le vide après chaque rendez-vous passé à écouter ses patients pleurnicher. Peu d’entre eux développaient de réelles pathologies psychiatriques. La plupart des hommes et des femmes qui (...)

  • Elles étaient trois, trois femmes jeunes dans le carré TGV deuxième classe. Le train bleu qui venait de quitter Paris filait maintenant dans la campagne vers sa destination, Nantes, pour une histoire de week-end peinture décidé à la suite d’un pari malheureux de l’une d’entre elles avec celui qui allait les recevoir.
    L’une des filles, une blonde aux cheveux en bataille, demanda :
    Il va nous faire peindre quoi, au juste ?
    Sa mezzanine, répondit une autre, une petite brune menue.
    Quoi ?
    Plutôt (...)

  • Karine Deloitte détaillait un à un les ouvrages qui envahissaient par dizaines la massive bibliothèque en chêne, dont la présence intimidante semblait faire gage d’autorité souveraine chez le médecin qui la recevait, par ce froid après-midi de janvier, avec une heure de retard.
    Le retard, l’un des privilèges de la corporation médicale, pensa-t-elle.
    Elle détestait les toubibs, et encore plus les psychiatres. Celui-ci, le docteur Hubert Des Termes, était son troisième en deux mois. A ce moment précis, (...)

  • Jodie

    17 novembre 2008, par Grégory Joulin

    L’été.
    Sous le soleil au règne sans partage, la ferme somnolait, les volets clos, comme privée de vie. La canicule happait tout, de chaque ombre ténue au moindre halètement des airs. Même les maigres heures de répit nocturne payaient leur tribut, en offrant aux hommes et aux bêtes seulement quelques malheureux degrés de moins que les quarante atteints en journée. Ce climat perpétuait apathie, violence et corruption : il avait fait s’éteindre des civilisations entières, aux premières heures de (...)

  • Eh ben ! J’en avais déjà bien chié pour creuser la tombe de mon père et le placer dedans, mais là, pour tout reboucher c’était l’enfer : j’avais mal aux mains, au dos, au cou, et je n’en étais qu’à la moitié. J’avais creusé le trou au fond de notre jardin : j’ai pensé que c’était là qu’il aurait aimé reposer, près de la cabane à jardin. Il y passait des heures.
    On était fin septembre, par une de ces fins d’après-midi grises qui vous fout le cafard. Moi, j’aime bien quand il fait beau, même si la température est (...)

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