Accueil > Gregos > Du très bon Direct-to-vidéo

Du très bon Direct-to-vidéo

dimanche 21 avril 2013, par Grégory Joulin

Marre de Hollywood et sa merde en barre qui prend toute la place ? Marre des comédies françaises débiles, des films d’animation débités par tranches de trois chaque mois avec les comiques rances de la TNT aux voix, ou des œuvres d’auteur arides au propos abscons s’interdisant toute notion de divertissement ? Essayez plutôt de louer ces quelques blu-ray ou DVD qui n’ont jamais eu la chance d’une sortie en salles chez nous - ou alors confidentielle !


The Reef de Andrew Traucki (2010 - Australie)



Digne petit frère de Jaws, The Reef diffère en embarquant dans l’aventure un vrai grand requin blanc mais conserve un immense point commun avec le chef d’œuvre de Spielberg : la sensation, valable à chaque visionnement, d’être confronté à une terreur primaire, viscérale devant les abysses insondables et leur cortège d’horreurs.


Triangle de Christopher Smith (2009 – Australie, GB)
 


On reproche souvent aux thrillers d’être linéaires. Essayons donc le thriller récursif, dont la plus implacable réussite (d’après l’auteur de ces lignes), reste Triangle, diabolique anneau de Möbius narratif. Et en plus, comme dans toute bonne histoire... on chiale.


Black Death de Christopher Smith (2010 - GB)



N’empêche, ça fait plaisir de revoir Sean Bean en armure, à cheval, les cheveux longs, crasseux... Notre Boromir préféré se lance avec sa bande d’écorcheurs dans cet Apocalypse Now médiéval, situé en pleine épidémie de Peste Noire en l’an 1348. Suivons-le dans ce road-movie d’un nihilisme et d’une noirceur affreusement désespérés. Un choc, qui explique peut-être l’absence de sortie française.


Vorace (Ravenous) de Antonia Bird (1999 – USA, GB)



Production agitée, metteur en scène remplacé au bout d’une semaine, script difficile (le cannibalisme, ce tabou) et pour finir : flop partout dans le monde. Les fées ne se sont pas penchées sur le berceau de Vorace, impie western blasphématoire et atypique à la musique sublime, un film qui donnera à ses heureux spectateurs la sensation grisante d’errer enfin dans le non politiquement correct : l’air, c’est vrai, y est plus rare... mais tellement plus tonique !
 
The Swimmer de Frank Perry (1966 - USA)


 
C’était le métrage préféré de Burt Lancaster, dont la filmographie n’est pourtant pas à rougir... Peut-être l’ancien acrobate, devenu cinquantenaire flamboyant à l’époque, comprenait mieux que personne la faille dans le magnifique personnage de Ned Merrill, l’albatros aux ailes amputées qui tente de se reconstruire en plongeant de piscine en piscine. Peu de gens l’ont vu, peu de gens le verront. Tant mieux.


Point Limite Zéro (Vanishing Point) de Richard Sarafian (1971 - USA)


 
Kowalski, un livreur de voiture, fait le pari de relier Denver à San Francisco en bagnole en quinze heures. Les flics et rednecks du coin ne vont bien entendu pas apprécier, tandis que le conducteur tient la cadence en avalant des amphétamines par poignées et qu’un DJ black non-voyant lui fournit le plein d’informations stratégiques. Le Rêve Américain, on l’avait compris, déploie souvent ses plus chatoyantes couleurs sur la route... jusqu’au réveil, inévitable.


Red State de Kevin Smith (2011 - USA)


 
Que deviendrait le conducteur de Point Limite Zéro dans l’Amérique post-11-septembre, post-Irak de Red State ? Il n’y aurait guère sa place... Il n’est plus permis de rêver dans cette société malade, entre fanatisme religieux armé et ordre fédéral devenu quasiment néo-fasciste. Hanté par le souvenir de l’assaut contre les Branch Davidians de Waco, en 1993 (80 morts dont une vingtaine d’enfants), ce film, à la violence psychologique intense, pose davantage de questions qu’il n’apporte de réponses. Et à l’heure des tueries de Littletown et Boston, le constat d’une Amérique au gros cul étalée dans les cendres de sa Way of Life moribonde est plus que jamais d’actualité.


Armadillo de Janus Metz Pedersen (2010 - Danemark)



Un cœur et une grenade mélangés... Il n’y a qu’un cabinet en communication danois pour pondre une affiche pareille, et pourtant le concept est totalement en phase avec l’œuvre, documentaire embarqué situé en Afghanistan, dans la base avancée de Armadillo, en plein territoire contrôlé par les Talibans. Ici, la guerre est triste, moche, lente : on s’ennuie, on attend... Et quand ça explose, c’est rapide, intense, violent. Aussi vite fini que ça a commencé : l’expérience est éprouvante. Aussi éprouvante que la conclusion, amère, implacable  : une fois rentré au pays, les jeunes soldats danois ont presque tous la même idée. Repartir.



Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Mots-clés : Texte
    Mots-clés : Auteurs
    Mots-clés : Illustration
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.